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Système  limbique

 

Lorsque, en nous promenant dans un sous-bois, nous voyons des feuilles bouger et une forme allongée se déplacer, nous sursautons et avons un brusque mouvement de recul. Cette réaction est automatique, nous ne la contrôlons pas. Elle s’accompagne d’une accélération des battements cardiaques, d’une pâleur, de frissons, caractéristiques du stress. En y regardant de plus près, nous constatons que la forme allongée n’est pas un serpent, mais un bâton que notre pied a fait bouger. Rassurés, nous nous reprochons notre peur injustifiée et continuons notre promenade en contrôlant mieux où nous mettons les pieds. En fait, nous avons été sujets à deux réactions successives : d’abord une réaction automatique incontrôlable de type émotionnel [Stress], puis une réaction rationnelle consciente. Cette double réaction s’explique par la structure de notre cerveau.

 

 L’ensemble des sensations qui proviennent des organes des sens et celles qui nous renseignent sur l’état musculo-squelettique et viscéral de notre corps convergent vers le thalamus, un noyau cérébral qui est la centrale sensorielle du cerveau. Du thalamus partent des fibres nerveuses qui conduisent les sensations au néocortex, où elles sont analysées et identifiées [Raison / Emotion]. Du thalamus partent aussi des fibres qui se dirigent vers un autre centre nerveux, l’amygdale. Ce centre fait partie du système limbique, une couche de neurones localisée sous le cortex cérébral.

 

Contrairement au néocortex, le système limbique n’est pas spécifique à l’espèce humaine. Il est apparu bien avant chez les vertébrés et il s’est progressivement développé. Il est une part importante de ce qui est parfois appelé de façon imagée le « cerveau reptilien » (83). Son rôle est de permettre à l’animal une réaction rapide en présence du danger. Il permet également de mémoriser les situations à risque et d’améliorer chez l’animal la faculté de les anticiper. Cette double faculté a significativement contribué à l’essor des vertébrés, en particulier des mammifères durant les cent derniers millions d’années de l’histoire de la vie. Elle est aussi responsable des réactions émotives qu’on observe chez les animaux, notamment les mammifères supérieurs – agressivité, colère, confiance, ou même tendresse chez certains animaux domestiques …et parfois chez l’homme ! L’assemblage dans une même structure cérébrale de l’instinct et de l’émotion confirme la remarquable intuition du psychologue américain William James qui pensait que ces deux facultés sont interdépendantes. En fait le système limbique contient des instructions stéréotypées, génétiquement préprogrammées à la naissance de l’individu, humain ou animal. Ces instructions induisent les réactions instinctives ou plutôt émotionnelles qui caractérisent le comportement animal et humain.

 

Dans l’espèce humaine, le système limbique garde cette fonction de rendre possible une réaction rapide. C’est ainsi que la survenue d’un danger dans notre environnement, par exemple la vue d’un serpent, suscite un stress, c’est à dire une réaction de défense rapide, avant même que notre cortex n’ait identifié rationnellement la nature du danger. L’analyse sensorielle effectuée par le système limbique est beaucoup moins précise que celle du néocortex. Elle est en revanche plus rapide et permet une réaction plus immédiate. C’est le mouvement de recul décrit plus haut chez l’être humain. C’est le brusque écart que fait le cheval au galop devant un danger apparent, et qui désarçonne son cavalier.

 

Mais le système limbique s’est développé de manière plus spécifique chez l’homme, « en collaboration » avec le néocortex. Il prend en charge l’aspect émotionnel des sensations [Emotions]. L’amygdale règle la nature de l’émotion, qu’elle soit positive, comme le bien-être, le plaisir, ou négative, comme le mal-être, l’agressivité, la colère. Une autre partie du système limbique, l’hippocampe, assure la mémoire de ce type de sensations et des circonstances qui les ont accompagnées. Ainsi, le souvenir d’un événement émotionnellement lourdement chargé, comme un accident violent, restera dans la mémoire avec tout le luxe de détails sur les circonstances qui l’ont accompagné et avec la teinte émotionnelle négative qu’il a suscitée. Chez  le nouveau-né, c’est dans le système limbique que se stockent les premières sensations, avant que le néocortex soit devenu fonctionnel et que les émotions puissent s’exprimer par le langage. Il est probable que ces premières impressions interviennent ultérieurement de manière significative dans son développement psychologique d’adulte.

 

L’amygdale, joue un rôle particulièrement important dans la genèse des émotions. En effet, c’est d’elle que partent des fibres nerveuses qui activent des centres nerveux localisés dans l’hypothalamus et qui sont responsables de la sensation de stress [Stress].

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