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Archétype

 

 

 L’archétype est un concept philosophique très ancien. Il désigne un "prototype", un modèle éternel sous-jacent à la réalité observable. Pour Platon (v.427-348 av. J.-C.), c’est l’idée élaborée par l’intelligence, par opposition à la réalité détectée par les sens. Par exemple la beauté est un archétype, recelée dans un individu ou un objet. Elle n’est pas la conséquence de la forme de l’objet, elle en est l’essence cachée, que la connaissance doit faire percevoir. Un autre exemple, abstrait et sophistiqué, d’archétype est constitué par les mathématiques – géométrie et arithmétique – qui expliquent l’univers physique. Pour Platon, l’archétype est une réalité indiscutable, apodictique, qui s’impose d’elle-même, sans besoin de démonstration.

 

C’est ainsi que Platon fait revivre les dieux et les déesses homériques de la mythologie grecque. Chacun d’entre eux incarne d’une manière à la fois symbolique et anthropomorphique un archétype, en particulier les vertus cardinales : Athéna incarne la sagesse, Aphrodite la sexualité, Héra le mariage et les vertus domestiques. Plus que le rôle mythique de la divinité, illustré par un système de légendes très structurées, c’est chez Platon la fonction de la divinité qui est prise en considération, calquée sur l’archétype dont elle devient le paradigme.

 

La notion d’archétype sous-tend le platonisme et les nombreuses écoles philosophiques qui lui ont succédé en s’en inspirant. Dans les philosophies d’obédience chrétienne, le Christ devient l’archétype unique, le modèle comportemental par excellence. A l’échelle de la religion populaire, les saints prennent la relève des dieux anciens et incarnent aussi des archétypes.

 

La psychanalyse, en particulier l’école du psychiatre suisse, élève de S. Freud, C.G. Jung (1875-1961) reprend la notion d’archétype, mais de manière plus spécifique. Il s’agit pour Jung d’une structure mentale universelle, présente dans l’esprit de tous les êtres humains, dans ce que la psychanalyse dénomme l’inconscient collectif (70,71). L’archétype est une pensée de nature émotionnelle qui peut prendre diverses formes symboliques, analysables par le rêve chez un individu donné. A l’échelon collectif, les archétypes servent de base aux constructions mythiques telles que les légendes, les contes de fées, mais aussi les divinités et les personnages héroïques.

 

Au temps de Jung, la neurophysiologie de l’émotion n’était que peu connue et la définition, comme l’interprétation psychanalytique, des archétypes ressort davantage de la philosophie que des neurosciences. On sait aujourd’hui que les émotions ont une localisation précise dans le cerveau, dans un noyau nommé l’amygdale – un centre nerveux appartenant au système limbique. Ce centre est également dépositaire de ce qu’on nomme les instincts. Les instincts, comme les émotions primaires sont génétiquement définies et se traduisent dès la naissance par des comportements stéréotypés. Mais les pensées auxquelles elles se rattachent subséquemment sont acquises et varient d’un sujet à l’autre, selon les expériences sensorielles qui lui sont propres [Émotions].

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